Avril 2007
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Résumé :
Le déclin de l’État-providence qui a confirmé l’échec de la planification centralisée, la crise des finances publiques ainsi que l’imposant déficit budgétaire accumulé par les États ont conduit les gouvernements de plusieurs pays en développement à limiter les prérogatives de l’État à quelques fonctions régaliennes (armée, police, diplomatie et justice) et à miser sur la dérégulation générale de l’économie et les gains générés par l’ouverture à la concurrence des marchés publics. Si les dernières décennies ont vu la place et le rôle de l’État passer de celui de producteur-régulateur à celui de catalyseur-partenaire, elles ont également consacré, particulièrement en Afrique occidentale, l’émergence d’arguments économiques de tendance libérale qui voient dans la privatisation une occasion unique de réduire non seulement le lourd fardeau financier et administratif qu’impose un secteur public déficient, mais aussi et surtout une façon de discipliner les entreprises, de stimuler le développement de l’initiative privée, de contribuer à la lutte contre la pauvreté et de recentrer les efforts de l’État dans les domaines économiques où sa présence est nécessaire. D’ailleurs, selon plusieurs auteurs, les vieilles approches classiques keynésiennes fondées sur l’interventionnisme étatique ne peuvent plus être soutenues, ne serait-ce qu’en raison des difficultés que connaissent les entreprises publiques en Afrique occidentale.
Mais, près de deux décennies après l’intensification des pressions exercées par le Fonds monétaire internationale, la Banque mondiale et autres bailleurs de fonds en vue de libéraliser l’économie des pays sous-développés, et à la suite de l’abandon des sacro-saints principes d’intervention tutélaire de l’État en Afrique et l’adoption de vastes programmes de privatisation des entreprises publiques, sommes-nous aujourd’hui à même de porter un regard critique sur les effets présumés de cette politique économique en matière de performance microéconomique des firmes concernées ? Face aux résultats plutôt mitigés des privatisations comme formule simplifiée de la nouvelle politique économique des États ouest-africains, quelles autres perspectives s’offrent à eux ? L’État en Afrique a‑t-il encore un avenir ?
Cet ouvrage propose un cadre d’analyse permettant d’apprécier les réalisations effectives des politiques économiques d’inspiration néolibérale en Afrique occidentale. Il offre en outre une occasion unique de réfléchir sur les nouveaux défis de la gouvernance publique en Afrique et permet de mieux comprendre les problèmes et les enjeux fondamentaux liés à l’émergence d’une nouvelle gestion publique. Les sujets abordés intéresseront non seulement les décideurs publics, mais également les gestionnaires, chercheurs et spécialistes du tiers-monde ainsi que les observateurs engagés.
Table des matières :
Liste des figures
Liste des tableaux
Liste des graphiques
Liste des encadrés
Liste des abréviations, des sigles et des acronymes
Remerciements
Préface de Gérard Verna
Introduction
Première partie
L’État souverain et le rôle du secteur public :
considérations générales
Chapitre I
Les théories de l’État : mythes et réalités
1 .1 Les débats sur la place et le rôle de l’État
1 .2 L’État propulsif et son rôle économique à travers
les entreprises publiques
1 .3 L’État prédateur : la régulation sans l’État
de l’activité économique
1 .4 L’État inefficace et la remise en cause de la gestion publique
1 .5 L’inefficacité de l’État dans la mise en œuvre
des politiques publiques
1 .6 L’État menacé par l’économie de marché ?
1 .7 Vers un État interventionniste de type nouveau ?
Chapitre II
Quelques rappels théoriques sur l’entreprise publique
2 .1 Définition de l’entreprise publique
2 .2 Les composantes du secteur public
2 .3 La gestion publique : singularités et particularités
2 .4 La structure des organisations publiques
Chapitre III
Les entreprises publiques en Afrique occidentale
3.1 Genèse, origine et essor des entreprises publiques
en Afrique
3.2 Portrait et importance économique des entreprises publiques
en Afrique occidentale
3.3 L’examen du rendement des entreprises publiques
dans les économies ouest-africaines
Deuxième partie
Le marché triomphant et l’émergence du secteur privé
Chapitre IV
Considérations théoriques sur les privatisations
en Afrique
4.1 L’origine du phénomène et son évolution : une approche
diachronique et synchronique
4.2 Les conséquences de l’anarcho-capitalisme
4.3 Les conséquences du monétarisme
4.4 Privatisation et désétatisation dans les pays
en développement
4.5 Fondements et objectifs de la privatisation
4.6 Principes de la privatisation
4.7 Méthodes et techniques de privatisation
4.8 L’entreprise publique versus l’entreprise privée :
l’argumentation théorique
4.9 L’importance des mouvements de privatisation :
une perspective internationale
4.10 Portrait de la situation en Afrique : une approche régionale
Chapitre V
Structure de propriété, privatisation et performance
des entreprises : la théorie à l’épreuve des faits
5.1 La privatisation contribue-t-elle réellement à améliorer
le rendement des entreprises ?
5.2 Les effets microéconomiques et financiers de la privatisation
en Afrique occidentale : une étude de cas
5.3 L’effet de la privatisation sur la rentabilité des entreprises
5.4 L’effet de la privatisation sur l’efficacité des entreprises
5.5 L’effet de la privatisation sur les dépenses d’investissement
des entreprises
5.6 L’effet de la privatisation sur l’endettement des entreprises
5.7 Limites de l’étude
5.8 Les réalisations encore limitées des privatisations
en Afrique occidentale : quelques facteurs explicatifs
5.9 Le piège idéologique des privatisations en Afrique
5.10 La privatisation en Afrique : panacée, illusion réformatrice,
pis-aller ou pacte avec le diable ?
Chapitre VI
Perspectives futures : mutations et reconstruction
de la propriété publique en Afrique
6.1 Une place pour la propriété publique en Afrique
6.2 Mutations et reconstruction de la propriété publique
en Afrique
6.3 La crise de l’administration publique en Afrique :
une occasion pour des réformes stratégiques et durables
6.4 Les réformes : plus qu’une ambition, une urgence !
6.5 Organisation flexible et dé-bureaucratisation
des organisations publiques en Afrique : nécessité impérieuse,
souhait irréaliste ou faux problème ?
6.6 Le renforcement des acteurs par l’habilitation
et la mobilisation
6.7 La gestion des ressources humaines dans les organisations
publiques : du modèle instrumental au modèle renouvelé ?
6.8 Panser et repenser l’administration publique en Afrique :
au-delà des questions structurelles et processuelles,
une affaire de compétences et de leadership
6.9 Le renforcement des capacités en matière de leadership
dans les organisations publiques : une condition essentielle
pour la bonne gouvernance
6.10 La gestion publique en Afrique : vers de nouveaux modes
de contrôle ?
6.11 Imputabilité et reddition de comptes : principes clés
d’une saine gestion publique
6.12 Pour une gestion axée sur les résultats : passer du virtuel
au concret
6.13 Renforcer la cohérence de l’action de l’État en Afrique
à travers l’évaluation des politiques publiques
6.14 Le changement et l’innovation à la fois comme contraintes
et défis pour les organisations publiques en Afrique
6.15 La gestion par valeur ou comment ré-inventer de nouvelles
relations d’affaires dans les organisations publiques
en Afrique ?
6.16 Les partenariats public-privé ou le mélange des instruments
et des institutions
6.17 La bonne gouvernance comme nouveau paradigme étatique :
l’art de gouverner mis au défi ?
6.18 Optimiser le recours aux nouvelles technologies
de l’information : le gouvernement électronique comme
générateur de nouvelles possibilités et instrument d’accès
aux services ?
6.19 Envisager l’avenir de façon optimiste et raisonnée ?
Conclusion générale
Glossaire
Bibliographie
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Biographie :
Hachimi Sanni YayaSocio-anthropologue et économiste, le professeur Yaya a également une formation en gestion et est titulaire d’un doctorat (Ph.D.) obtenu à Montréal (Concordia-HEC-McGill-UQAM). Outre à l’Université d’Ottawa, il a enseigné à l’Université Laval, à l’Université du Québec à Montréal et à l’École nationale d’administration publique. Il a été chercheur postdoctoral à l’Université Yale et chercheur invité à l’Université de New York aux États-Unis. Administrateur agréé auprès de l’Ordre des administrateurs agrées du Québec, il est aussi gestionnaire accrédité au sein de la Canadian Institute of Management et a été reçu membre honoraire de l’American Academy of Project Management. Rédacteur en chef de la Revue de l’innovation, le Dr Yaya est aussi directeur de collection aux Éditions Publibook, Filiale du Petit Futé en France. Outre la direction d’étudiants aux cycles supérieurs, il a au cours des dernières années obtenu des subventions auprès des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), de Recherche et développement pour la défense Canada (RDDC), du Centre de recherches pour le développement international (CRDI) et du Fonds québécois de recherche sur la société et la culture (FQRSC). Ses travaux sont le résultat d’une démarche transdisciplinaire aux frontières entre les théories de l’organisation, l’économie de la santé et du développement, les politiques gouvernementales, l’administration publique et la sociologie. Outre divers articles, il est l’auteur de plusieurs livres couvrant différents domaines. Ses plus récents sont : Le défi de l’accessibilité et de l’équité en santé dans le tiers-monde : entre droit fondamental, justice sociale et logique marchande (Québec et Paris, 2009), Des souris et des médecins. De la télémédecine à la cybermédecine : la science médicale du XXIe siècle entre l’organisation et la technologie (avec C. Raffelini, Paris, 2008), Models of Public Private Partnerships and their Impact on Healthcare Systems (avec A. Trigub-Clover, Paris, 2008) et Les privatisations en Afrique occidentale. Entre mythes et réalités, promesses et périls : l'administration publique africaine à la croisée des chemins (Québec, 2007) pour ne citer que ceux-là.
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