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Le culte à sainte Anne en Acadie

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Résumé :

Préface de Serge Gagnon

Sainte Anne est connue dans l’histoire de l’Église comme la mère de Marie. Pourtant, elle ne possède aucune base scripturaire et n’a jamais été reconnue canoniquement par la théologie catholique. Après le concile de Trente, le culte à sainte Anne devait être assimilé au culte marial. Or sainte Anne triomphe toujours aujourd’hui dans deux principaux lieux de résistance reconnus : ses sanctuaires d’Auray en Bretagne et de Beaupré au Québec. En Acadie, sainte Anne a fait l’objet du même processus de marginalisation de la part d’une faction de l’élite clérico-nationaliste. Néanmoins, la sainte triomphe encore dans son sanctuaire du Bocage, le long de la côte acadienne. Cette résistance de la figure de sainte Anne en Acadie invite alors à relativiser le concept de marginalité et renvoie à la nécessité d’explorer l’univers symbolico-religieux d’un peuple en dehors des seuls lieux de discours officiels. L’exploration de l’imaginaire religieux, par la littérature orale, se présente dès lors comme la voie privilégiée pour pénétrer le véritable univers symbolique de l’homo religiosus. Et pour cause ! L’histoire religieuse d’un peuple risque de se faire théologie politique lorsque l’historien néglige l’histoire vue d’en bas.

Biographie :

Denise Lamontagne

Professeur d’histoire comparée des religions à l’Université de Moncton, Denise Lamontagne s’intéresse tout particulièrement à l’étude des cultes populaires à partir d’une approche transversale où se rencontrent des disciplines comme l’histoire, l’ethnologie, la sociologie et la psychanalyse, et qui se concentre autour du concept de marginalité. Son approche a donné lieu à une thèse de doctorat sur la figure de sainte Anne dans l’histoire du catholicisme en Acadie. Ses études comparatives France-Acadie connaissent maintenant une extension vers d’autres figures marginales appartenant à la culture populaire, telles que la sorcière, la gitane et le passeur. Mme Lamontagne est active au sein de l’Association internationale des études médico-psychologiques et religieuses (AIEMPR) et de la Société québécoise pour l’étude de la religion (SQER) ; elle fait aussi partie du Groupe de recherche en études acadiennes (GREA) de l’Université Sainte-Anne (Nouvelle-Écosse).
 


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