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Résumé :
Justice sociale et éthique individuelle traite de l’acceptabilité de principes de justice (égalité des ressources, égalité des chances, égalité des capacités, égalité des réalisations fondamentales) ou de mesures de justice (allocation universelle) qui, aujourd’hui, retiennent l’attention aussi bien des philosophes que des économistes, des hommes politiques ou des citoyens. En effet, l’avènement de sociétés démocratiques et le développement de l’économie de marché ont donné à la réflexion sur la justice sociale son contenu actuel. La crise de l’État-providence et une sensibilité accrue aux inégalités sociales placent, aujourd’hui, au centre des discussions, les problématiques de distribution et d’équité que la Théorie de la justice de John Rawls a contribué à renouveler. Néanmoins le Libéralisme politique de Rawls institue une dichotomie tranchée, une « division du travail moral » entre le domaine de la justice et celui de l’éthique individuelle. Dans cette perspective, la norme d’équité est un devoir s’imposant essentiellement à l’État ou à la collectivité plutôt qu’aux individus. Pourtant l’instauration et la préservation de la justice sociale, dans la communauté, ne sont possibles que si ses membres respectent, voire promeuvent, certains principes de justice. En d’autres termes, la justice égalitariste et la justice sociale ne sont pas exclusivement une affaire de lois, définissant la structure de base de la société, mais aussi une question d’attitudes et de choix personnels, c’est pourquoi il est pertinent de les interroger dans la perspective d’une éthique individuelle, et d’envisager l’acceptabilité individuelle de ces mesures de justice sociale. C’est à cette tâche que le présent ouvrage s’attelle, en s’appuyant sur les critères d’unanimité, d’efficacité, d’absence d’envie et en analysant les motivations et désincitations que suscitent certaines politiques redistributives.
Table des matières :
Avant-propos
Préface
Introduction
Chapitre 1
L’institutionnalisation de la justice sociale
Réaliser la justice sociale
Le cas du principe de différence
Chapitre 2
Biens premiers, chances, ressources, résultats
Le libéralisme solidariste
Les biens premiers
Égalité des chances, égalité des ressources
Égalité des « résultats primaires » (ou réalisations fondamentales)
Chapitre 3
L’absence d’envie
Le critère de la non-envie
Affaiblissement du critère de non-envie
L’absence d’envie potentielle ou la « diversité non dominée »
Utilité et pertinence du critère d’absence d’envie
Chapitre 4
Liberté réelle et allocation universelle
De la liberté réelle maximum à l’allocation universelle
Peut-on financer l’allocation universelle
Maximisation du revenu minimum et diversité non dominée
Chapitre 5
Redistribution, désincitation, efficacité
Redistribution et désincitations
Le problème institutionnel de la redistribution
Le problème politique de la redistribution
Conclusion
Bibliographie
Index
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Biographie :
Caroline Guibet LafayeCaroline Guibet Lafaye est docteur de l’Université de Paris-I (Panthéon-Sorbonne) et agrégée de philosophie. Après avoir mené ses travaux de recherche à la Chaire UNESCO d’Etude des Fondements Philosophiques de la Justice et de la Société Démocratique de l’Université du Québec à Montréal (Canada) et à l’Institut Philosophique du Centre Supérieur de la Recherche Scientifique (CSIC) de Madrid, elle est actuellement chargée de recherche au Centre d’Ethique de l’Université de Zurich (Suisse) et rattachée au programme européen « Applied Global Justice ».
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