54 pages
Novembre 2008
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Résumé :
La revendication de citoyenneté du monde n’a jamais été adéquate au concept politique de citoyen. Hérité du cynisme et du stoïcisme antiques, le cosmopolitisme commence par être résolument apolitique et lorsqu’il se fait conquérant et guerrier, il laisse, hors de la terre habitable qu’il veut édifier, le reste du monde qualifié de barbare.
Les Lumières européennes visent une nouvelle « catholicité », une internationale des esprits, elles souhaitent rapatrier dans l’humanité les vivants atypiques, les primitifs et les esclaves mais leur dénonciation reste théorique et ne s’inscrit pas dans le droit.
Quand le cosmopolitisme devient un point de vue sur l’histoire, il se lie expressément à la paix. Kant élève au niveau de l’impératif catégorique le droit cosmopolitique en tant que droit international privé, droit d’hospitalité en réalité restreint au droit de visite sur un sol étranger.
Les difficultés actuelles du droit international, celles qui tiennent à l’application universelle des droits de l’homme, les désordres de l’interdépendance planétaire, la résurgence du mot cosmopolitisme suscitent une interrogation sur la prétention contemporaine à se proclamer « citoyen du monde ». Le mot continue à cacher la face inachevée du droit, il entraîne une surenchère de l’illusion qui renonce à « être confirmée par le réel ».
Biographie :
Paule-Monique VernesPaule-Monique Vernes est professeur émérite de philosophie moderne et politique à l’Université de Provence. Auteur de nombreuses publications et d’études importantes sur les institutions démocratiques, la notion de citoyenneté ainsi que sur les philosophes politiques classiques, son dernier livre (avec J. Boulad-Ayoub) porte sur les Fondements théoriques de la représentation politique (PUL, 2007).
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